Suivez le guide!

Suivez le guide, follow the guide!  On a tous entendu cette expression qui encourage des participants à ne pas perdre de vue le guide touristique qui fait découvrir une ville, un bâtiment, un musée ou toute autre chose. Comme touriste, on choisit d’utiliser un guide pour en découvrir plus, pour ne rien perdre des anecdotes ou de l’histoire de ce que l’on visite, pour rendre l’expérience beaucoup plus enrichissante et plus conviviale.  Comme quadiste, on choisit une randonnée guidée pour faire partie d’un groupe, pour profiter de l’expérience des quadistes plus expérimentés, pour ne pas chercher son chemin, pour socialiser avec d’autres passionnés, pour découvrir de nouveaux sentiers, de nouveaux hébergements et vivre de belles aventures en toute sécurité.

La première expérience en randonnée guidée 

Je n’oublierai jamais ma première vraie randonnée de quad où nous avions décidé de nous joindre à un groupe pour un voyage de deux jours à La Tuque.  Après moins d’un kilomètre, le bagage que j’avais pourtant soigneusement arrimé se détachait et mon bidon d’essence voulait fuguer.  J’ai appris énormément lors de ces deux journées. Si j’en suis revenue totalement conquise, c’est grâce à la patience, au partage et à la gentillesse du guide et des autres bénévoles qui l’accompagnaient.  J’ai participé par la suite à des dizaines de randonnées guidées et organisé plusieurs voyages de quad entre amis.  Sept ans plus tard, le hasard a fait que je guidais officiellement ma première randonnée pour mon club à La Tuque, exactement à l’endroit où j’ai débuté.

Le travail d’un guide

C’est lors de ma formation que j’ai réalisé la somme des efforts, des connaissances et des responsabilités qui viennent avec le rôle du guide.  Je n’y avais pas tant songé avant, possiblement comme la grande majorité des participants aux randonnées guidées.  Depuis 2021, la loi encadre la formation des guides en véhicules hors route (quad, motoneige) rémunérés.  Il s’agit d’une formation théorique de 17 heures plus un cours de premiers soins en milieu éloigné.  Les bénévoles des clubs quads ne sont pas soumis à cette réglementation.  

Quelle est la grande différence entre les bénévoles des clubs et ceux qui organisent des randonnées contre rémunération? La couverture d’assurance de responsabilité civile. Bien que beaucoup de guides de randonnées privées soient très connaissants et compétents, les compagnies d’assurances sont frileuses à les couvrir. Elles peuvent même demander un cautionnement allant jusqu’à un demi-million. Les bénévoles œuvrant dans une randonnée chapeautée par un club quad sont couverts par l’assurance responsabilité du club.

Pour ma part, j’ai eu 32 heures de formation pratique avec un guide expérimenté avant de me voir confier la responsabilité d’un groupe.

Le travail dans l’ombre d’un guide

Quel a donc été le travail de votre guide avant la randonnée? (Ce que les participants ne voient pas.)

  • Il a fait de l’exploration et cherché de nouveaux itinéraires.
  • Il a fait les démarches auprès des fournisseurs (hébergement, repas) et obtenu des prix de groupe.
  • Il a effectué les réservations, contacté les participants, répondu aux questions.
  • Il a planifié le trajet et il l’a vérifié et revérifié jusqu’à la veille du départ afin de valider que les sentiers sont toujours ouverts, particulièrement à la suite de temps violent.
  • Il a cherché les solutions de contournement en cas de fermeture, contacté les clubs ou les propriétaires afin d’obtenir des droits de passage temporaires.
  • Il a roulé, en cas de doute, le trajet planifié quelques jours avant la date prévue pour le groupe.
  • Il a révisé l’équipement de dépannage et de remorquage qu’il rendra disponible en cas de besoin :
    • trousse de premiers soins;
    • téléphone satellite;
    • divers outils;
    • scie a chaîne.
  • Il a préparé des équipements de rechange pour aider les participants qui seraient mal équipés.

Le travail sur le terrain

Pendant la randonnée / Le jour de la randonnée 

  • Il arrive tôt, peu importe l’heure, au point de rendez-vous.
  • Il fait le briefing de sécurité avant le départ, explique le déroulement de la randonnée et répond aux questions des participants.
  • Il signale la route à suivre adéquatement.
  • Il fait des décomptes réguliers.
  • Il ajuste les pauses selon le rythme du groupe pour arriver au repas au bon moment.
  • Il gère les imprévus (panne, accident, route coupée, etc.).
  • Il s’assure que les participants sont à l’aise.
  • Il coupe les arbres obstruant la route, signale les dangers et a toujours en tête la sécurité des participants.
  • Il s’assure, au point de ravitaillement, que toutes les factures sont acquittées avant de quitter.
  • Il offre aide et conseils et tente de rendre la randonnée agréable pour tous les participants.
  • Il ne laisse personne en panne sans prise en charge.
  • Il contacte les secours appropriés ou prodigue les premiers soins en cas de besoin.

Dans mon club, deux bénévoles participent aux randonnées, l’un à l’avant et l’autre à l’arrière, et ils se partagent le travail. Celui qui ferme la marche est généralement une personne débrouillarde en mécanique et transporte une trousse d’outils de taille directement proportionnelle à son expérience.

Travail exigeant mais gratifiant

Est-ce exigeant de guider un groupe?  Pour ma part, oui.  Il ne s’agit pas de rouler et de profiter du paysage, il faut rouler et toujours se demander si la route à suivre est claire, si le rythme est bon, si les participants apprécient la route, si le repas est chaud et le lit moelleux.  Il faut s’adapter aux différentes personnalités qui feront partie du groupe, composer avec la température et les imprévus.  Je veux que mon groupe ait du plaisir au moins autant que moi et que les gens soient contents.  Comme tous les bénévoles, ma récompense pour le travail accompli est un beau sourire et un merci bien senti.  

Quadistes!  Démarrez vos moteurs, attachez vos casques et suivez le guide!

Chantal Pelletier

Chroniqueuse

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