Sentiers fermés : « Dura lex, sed lex »

Ça commence bien, on ne comprend rien au titre, pas plus qu’à cette pandémie qui a mis le monde à l’arrêt. Dura lex, sed lex est un proverbe en latin qui veut dire : « la loi est dure, mais c’est la loi. ».

Car comme vous, ce n’est pas de gaieté de cœur que la FQCQ a appris la nouvelle. Les sentiers fédérés doivent être fermés pendant la crise sanitaire.

Cette information est venue du gouvernement. Certains ont cherché le texte exact. C’est une demande qui a été formulée directement et qui s’inscrit dans le cadre des déplacements non essentiels. 

La raison est la même que celle du confinement fortement conseillé à la majorité de la population. Il ne faut pas que le virus se propage.

Il n’a pas de jambes. Donc il utilise celles des humains. Comme le pollen est véhiculé par les abeilles et autres insectes. 

Pourtant, il provoque moins de morts que la grippe ? Oui, mais la propagation du coronavirus (COVID19) est exponentielle. Et chaque personne infectée devient plus à risque de mourir ou d’avoir besoin d’un respirateur artificiel, et d’un lit à l’hôpital.  

À l’heure d’écrire ces lignes, le nombre de décès, même si ceux-ci sont regrettables, demeure comparable à celui de la grippe. Alors pourquoi s’en faire ?

PARCE QUE NOUS NE SOMMES PAS ARRIVÉS AU PIC DE LA PROPAGATION DE LA MALADIE !

Peut-être que ces résultats vous semblent statistiquement acceptables, (car humainement, aucun décès n’est acceptable). C’est grâce à la bonne gestion de la crise par le gouvernement du Québec, et à la sagesse des Québécois qui se sont confinés nombreux, coupant l’herbe sous le pied au virus, ainsi privé, lui aussi, de sortie. 

Mais les exemples de l’Italie, de la Chine et, de New York à 700 km d’ici démontrent qu’il faut combattre la COVID-19 pour ne pas la laisser se propager.

Petite parenthèse, qui ne se veut pas politique. Il y a longtemps qu’on n’a pas vu une telle fierté d’être Québécois parmi la population. Parce que l’équipe gouvernementale ne se dérobe pas, vient expliquer tous les jours la situation, en rappelant des conseils de base bien utiles. 

Fiers d’être Québécois, nous appartenons à un groupe, nous faisons face ensemble à cette crise sanitaire qui n’a pas de parti politique.

Alors maintenant, il faudrait voir la même union chez les quadistes. Notre groupe est bien spécifique avec les quatre roues qui nous distinguent.

La Fédération Québécoise des Clubs de Quad vous demande de ne pas circuler dans les sentiers fédérés. C’est interdit au même titre que tout déplacement non essentiel sur la route publique.

La première raison pour ne pas le faire est le prix du ticket qui peut atteindre 1546 $ pour déplacement non essentiel à bord d’un véhicule. L’équivalent de cinq ans de droit d’accès pour une balade d’un jour;, pour une fois nous sommes tous d’accord, c’est cher payé ! 

Et cela n’ira pas dans les caisses des clubs, précision utile à l’époque où les réseaux sociaux sont pris d’assaut pour véhiculer des informations non vérifiées.

Puis vient ensuite la raison sanitaire. Ne pas se déplacer pour ne pas propager le virus. Certains diront : comment contaminer des personnes, nous sommes tous seuls dans le bois ?

Peut-être. Mais allez-vous partir tout seul ? Ce n’est pas conseillé même en temps normal. 

Donc vous allez partir à deux. Pourrez-vous garder la distance de deux mètres en tout temps ? 

Pas certain. 

Allez-vous prendre de l’essence ? Vous allez toucher le pistolet verseur. Risque de cCoronavirus.

Vous avez des gants ? C’est bien. Si vous êtes porteur du virus, vos gants vont le transmettre à la pompe.

On continue le petit jeu avec les poignées de porte des relais, et ainsi de suite.

C’est vrai qu’il n’y a pas plus de risque que lorsqu’on fait la queue pour acheter 10 paquets de 24  rouleaux de Charmin Ultra (mes préférés), au Costco ou à Walmart. 

Mais un risque plus important existe : l’accident. Par définition, une chute ou une collision sont l’addition de plusieurs facteurs imprévus qui se combinent. La première phrase d’une victime est : « Si ça (l’arbre qui tombe, le chevreuil qui traverse) n’était pas arrivé… l’accident n’aurait pas eu lieu. ».

Mais ça arrive quelque fois, et toujours quand on ne s’y attend pas. Et bien, actuellement, les urgences et les hôpitaux sont suffisamment occupés par la pandémie, sans rajouter votre malchance non essentielle au tableau d’entrée.

Car il y a deux risques encourus : 

  1. Vous allez attendre plus longtemps que d’habitude, c’est-à-dire longtemps, longtemps…
  2. Vous allez prendre le lit d’un malade qui en aurait autant besoin que vous.

Ne prenez pas cette affirmation à la légère, il y a des témoignages déchirants de médecins en Italie qui ont dû faire un choix entre la personne à sauver et celle à abandonner à son triste sort.

Comme la maladie est exponentielle, le risque est d’engorger les hôpitaux. Comme l’a dit le docteur Horacio Arruda, directeur national de la Santé publique, il faut aplatir la courbe, pour pouvoir donner des soins à toutes les personnes infectées.

Les quadistes se posent de nombreuses questions sur l’activité et le déroulement de la saison. Essayons de faire le point sur ces interrogations :

Quand les sentiers seront-ils réouverts ? : 

La Fédération est en discussion avec le gouvernement pour ouvrir le plus rapidement possible, sous certaines conditions, après le pic de la pandémie, en argumentant que les sentiers sont moins fréquentés et moins à risque de contamination qu’un environnement urbain.

Des baisses de tarifs de la passe et d’assurance sont-elles prévues ? : 

Seule une assemblée générale pourrait décider d’une baisse de tarif. Pour le moment, la saison hivernale n’a pas été fortement raccourcie. Et le mois d’avril et le début de mai sont des périodes de dégel et de terrains instables où il n’est pas conseillé de rouler. Quant à la saison estivale, elle commence en à la mi-mai;, il faut donc attendre les futures informations de déconfinement qui sont actuellement fixées au 4 mai. 

Par contre, un prolongement de la saison estivale pourrait être envisagé.

Peut-on rouler sur un terrain privé ? :

Les terrains privés ne sont pas régis pas la FQCQ. Sous réserve, il semble que vous pouvez rouler sur votre terrain privé attenant à votre propriété en respectant les règles de distanciations sociales de deux mètres. Ne faites pas de rassemblements et faites attention aux personnes non résidentes. Il ne doit pas y avoir de déplacements non essentiels. 

Enfin, je voudrais revenir sur une intervention de Danny Gagnon, qui a relayé l’information du site Jebenevole.ca. Pourquoi aller s’exposer en faisant du bénévolat alors que le gouvernement demande d’autre part de rester confiné et de ne pas rouler en sentier ? 

Peut-être parce qu’il est important d’être solidaire de sa communauté, pour distribuer de la nourriture aux plus démunis ou répondre au téléphone aux appels d’amitié, à un moment ou plusieurs se plaignent de s’ennuyer à la maison. 

Si vous faites partie de ces personnes, n’oubliez pas de rappeler que vous êtes quadistes, de parler de notre communauté. C’est de cette façon que nous ferons avancer l’acceptation sociale,  si importante pour la continuité de notre discipline.

Pour finir, Dura lLex sed lex, vous vous rappelez ? C’est dur, mais ne vous aventurez pas dans les sentiers. C’est interdit jusqu’à une annonce qu’on espère proche.

Lavez-vous les mains, toussez dans votre coude, isolez-vous, prenez soin de votre quad dans le garage, et ça va bien aller !

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