Des VTT électriques en sentier, vraiment?

On entend parler de l’électrification des transports partout et tous les jours. C’est une tendance mondiale qui fait continuellement les manchettes principalement pour deux raisons :

Primo, les véhicules électriques s’avèrent un bon moyen de réduireles émissions de gaz à effet de serre et donc de diminuer notre empreinte écologique. 

Secundo, la technologie actuelle permet maintenant de commercialiser des véhicules qui combleront la plupart des besoins et des attentes des consommateurs d’aujourd’hui.

Il est donc permis de penser qu’un jour pas si lointain, des VTT et des VCC électriques circuleront régulièrement dans nos sentiers. Vraiment? Mais pourquoi maintenant et pas avant?

Un peu d’histoire

Saviez-vous qu’au tout début de l’ère automobile, certains des premiers véhicules étaient électriques? À cette époque le moteur à combustion, le moteur à vapeur et le moteur électrique se faisaient compétition. Par exemple, en 1900, on dénombrait 1575 véhicules électriques, 1681 à vapeur et 936 à essence.

Déjà, les limitations du moteur à vapeur commençaient à se faire sentir et les industriels cherchaient des alternatives. Grâce à la première batterie rechargeable au plomb/acide créée en 1859, l’électrique s’est fait une petite place.

Bien entendu, ces véhicules électriques étaient lents, lourds et bénéficiaient d’une autonomie limitée, principalement à cause du poids élevé des batteries plomb/acide qui n’en étaient qu’à leurs premiers balbutiements. Cette technologie rudimentaire s’avérait tout de même très prometteuse, avec par exemple la « Jamais Contente », une automobile 100 % électrique développant environ 68 HP, devenue, en 1899, le premier véhicule à franchir la barre des 100 km/h.

Les progrès du moteur à explosion et le rapide développement de l’industrie pétrolière allaient changer la donne. Cette industrie s’est rapidement transformée en monopole industriel et a poussé l’utilisation de la technologie électrique dans les transports individuels dans une longue période d’hibernation.

L’électrique s’est tout de même rapidement développé dans d’autres champs d’application. On peut penser aux moteurs électriques qui ont remplacé les machines à vapeur dans les usines, aux appareils électroménagers, aux transports en commun train-métro-tramway mus par la motricité électrique, etc. L’énergie électrique s’avère très performante, facile à créer, et le moteur électrique étaitdéjà à ce moment une petite merveille technologique très puissante, compacte et efficace. C’estle contenant pour transporter l’énergie électrique –la batterie –qui faisait défaut…

Au fil des décennies, il y a bien eu quelques tentatives pour ramener à la vie la motorisation électrique dans les transports individuels, mais le maillon faible demeurait encore et toujours la batterie. Il faut dire que la technologie des batteries n’a pratiquement pas évolué pendant plus de 100 ans. Même jusqu’à très récemment les batteries les plus performantes pour les applications de haute puissance étaient encore les bonnes vieilles batteries plomb/acide.

L’arrivée de la technologie des batteries au lithium dans les années 1970 et leur évolution au lithium-ion (Li-ion) dans les années 1990allaient ramener un peu d’ordre dans tout ça, en permettant le développement d’une batterie rechargeable de haute capacité offrant un poids et un coût réduits.

Véhicules électriques

Il faudra donc attendre les années 2000 l’arrivée des batteries lithium-ion, pour réellement voir une percée de l’automobile électrique. Entretemps, la technologie électrique a été adoptée par plusieurs secteurs industriels et entreprises de transport de marchandises, entre autres pour les véhicules utilisés dans les édifices où les gaz d’échappement et le bruit des moteurs à combustion posent un problème.

On n’a qu’à penser aux chariots-élévateurs et transpalettes électriques en usine, aux équipements d’entretien dans les hôpitaux, les voiturettes de personnes et chariots à bagage dans les aéroports pour n’en nommer que quelques-uns. Il est facile de se convaincre de leur grande utilité et de la difficulté à les remplacer par une motorisation à essence dans ce genre d’applications.

Des VTT électriques en sentier, vraiment?

Les avantages

Nous l’avons vu, les véhicules électriques possèdent des avantages indéniables. Voici les principaux :

  • Fonctionnement ultra silencieux
  • Démarrage facile en tout temps et en toutes conditions météo
  • Aucune émission de gaz d’échappement
  • Mécanique fiable et extrêmement simplifiée
  • Maintenance minime et facile
  • Fonctionnement propre et écologique
  • Puissance disponible en tout temps : 100 % du couple de 0 à max tr/min
  • Énergie peu coûteuse à prix stable et disponible à la maison
  • Voies réservées accessibles aux autos électriques
  • Le plaisir de passer devant une station d’essence et de ne pas s’y arrêter!

Les désavantages

Malgré leurs grandes qualités, les véhicules électriques ont aussi leur part d’inconvénients :

  • Prix à l’achat plus élevé qu’un véhicule conventionnel à essence
  • Autonomie limitée pour la plupart des modèles actuels
  • Temps de recharge non négligeable
  • Accès à des points de recharge encore limité
  • Peu de centres de service pour en faire l’entretien spécialisé
  • Impact environnemental non négligeable de fabrication des batteries

On pourrait rajouter que si tous les véhicules en circulation présentement étaient convertis à l’électrique, les infrastructures des réseaux électriques auraient beaucoup de difficultés à combler les énormes besoins que cela créerait. Mais il faut bien commencer à quelque part!

Véhicules de loisir électriques

On ne se le cachera pas, les VTT et VCC électriques ne sont pas encore monnaie courante de nos jours. Les fabricants ont songé à l’électrique, c’est bien évident. Mais il faut comprendre que chaque modèle de véhicule a demandé des sommes colossales en investissements pour sa création, son développement et sa mise en marché. Les fabricants misent par la suite sur des ventes d’un nombre X de véhicules pendant une période de Y années pour rentabiliser ces investissements durant le cycle de vie d’un produit. Ce cycle peut s’étendre sur plusieurs années et même plus d’une décennie. 

Par ailleurs, les véhicules de loisir étant fabriqués en quantités beaucoup plus réduites que les automobiles, on peut s’attendre à ce que les cycles prennent encore plus de temps. Ceci étant dit, on comprend mieux pourquoi l’empressement de se convertir à l’électrique n’est pas le même pour tous. 

Qu’en est-il des VTT et des VCC électriques?

Au final, il a fallu des décennies pour créer une automobile électrique adaptée aux besoins actuels, on peut donc s’attendre à devoir patienter encore quelques années avant que des VHR électriques fassent leur apparition en grand nombre. Mais ce n’est qu’une question de temps. Ceux qui ont déjà fait l’essai d’une auto électrique pourront vous confirmer qu’il s’agit d’un mode de déplacement très agréable et très performant. Il sera assurément très apprécié en sentier et dans toutes les activités en plein air!

En terminant, maintenant que nous comprenons mieux les rouages de l’industrie et l’évolution des véhicules électriques, on peut se poser la question suivante : quels sont les véhicules électriques hors-route présentement disponibles pour rouler en sentier et nous faire vivre notre passion en mode électrique? 

Quelques fabricants ont commencé à emboiter le pas et à offrir des VHR électriques. C’est ce que nous verrons dans un prochain article.

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