Comment, en quad, apporter sa contribution à l’environnement?

Sur la musique de Mission Impossible, je devais écouter le message secret envoyé par satellite pour brouiller les pistes. « Votre mission, si vous l’acceptez, est de rédiger un article sur l’environnement et les quads. C’est une mission périlleuse et si vous sortez du sentier, vous serez tout seul pour vous défendre. Ce message s’autodétruira dans cinq secondes, prière de recycler votre téléphone détruit. »

On est un peu saturé des questions d’environnement actuellement. C’est un sujet qui revient constamment dans l’actualité. Il y a eu aussi une marche de 500 000 personnes à Montréal, et plus de 283 000 personnes ont signé le Pacte pour la transition. 

Contre le mouvement environnemental, il y a ceux qui ne croit pas que la Terre va mal. Ils pensent qu’elle peut se régénérer. 

Certains se sentent impuissants. Les pollueurs sont ailleurs, les usines, les bateaux polluent bien plus, alors à quoi ça sert? Et que dire de la Ville de Montréal qui a déversé huit milliards de litres d’eaux usées pendant huit jours en 2015, alors qu’un propriétaire particulier est obligé de respecter des normes strictes pour ses eaux usées?

Il y a ceux qui ont été offensés par les paroles de Greta Thunberg : « Comment osez-vous…» et qui se sont refermés comme des huitres. On se retrouve dans une bataille générationnelle. 

Le fossé des générations se creuse, et le débat malheureusement change de niveau. Plutôt que de chercher des solutions, on s’invective des deux bords, on s’attaque aux personnes. On se renvoie la balle entre les deux camps. Pendant ce temps-là, rien n’avance. 

Si on se met à la place des jeunes, il faut reconnaitre qu’ils vivent avec la peur. Pas uniquement à cause des informations alarmistes. Car les marées de plastique dans l’océan sont bien réelles, les sites de déchets sont saturés. Et les jeunes sont victimes d’allergies que nous ne connaissions pas : allergies au gluten, au lactose, aux arachides, au pollen, etc. D’où proviennent ces maladies nouvelles?

Il y a le côté financier. Pour contrer la pollution, le gouvernement met en place des écotaxes, payées entre autres sur l’essence. Mais où va l’argent? Radio-Canada nous a appris que le gouvernement Trudeau avait annoncé en mars 2019 un investissement pouvant aller « jusqu’à 12 millions de dollars pour aider l’entreprise Loblaws à convertir ses systèmes de réfrigération dans environ 370 magasins partout au Canada au cours des trois prochaines années ». Donc les taxes sur le gaz, payées par les quadistes, sont données à des entreprises privées cotées en bourse, plutôt qu’utilisées à des enjeux communs, comme le reboisement ou le recyclage… 

L’environnement devient un enjeu financier, alors qu’il devrait être un enjeu sanitaire et d’utilité publique.

On peut se servir de quelques déclarations négationnistes de la NASA trouvées sur les réseaux sociaux pour dédramatiser la situation, mais le site officiel de la NASA fait bien état d’un péril environnemental ( https://climate.nasa.gov­ ).

Alors, même si certains jouent sur la peur, relayés par les politiques qui cherchent comment soutirer des taxes supplémentaires, il faut bien reconnaitre qu’il y a un problème. Sinon, pourquoi les villes comme Montréal chercheraient à limiter les places de stationnement, perdant des clients au profit du Quartier Dix-30 au sud ou Centropolis Laval au nord de l’ile?

Ce n’est pas la communauté quadiste qui sauvera la planète à elle toute seule. Mais elle a sa part à faire. Si ce n’est pas pour sauver le monde, c’est par respect pour les sentiers, ceux qui les empruntent et ceux qui vivent autour. Une sorte de bon voisinage. D’ailleurs, si tous les habitants de la Terre se comportaient en bons voisins, la face du Monde serait changée.

Les déchets :

La première chose qu’on ne peut pas nier, ce sont les déchets surabondants. Le Canada envoie même des conteneurs aux Philippines! Alors quand on est en sentier et en pique-nique, on ramasse ses poubelles. Pas question de les jeter dans la nature. Si on avait de la place pour les amener, on devrait pouvoir les ranger au même endroit pour les jeter aux ordures de la maison. 

Rester dans les sentiers :

Le deuxième point très important, c’est de ne pas sortir des sentiers. Parce que la terre est peut-être ensemencée, parce que les roues de VTT laissent de bonnes traces. Des plantes, de petits arbres peuvent être écrasés. De plus, si le propriétaire qui a prêté sa terre aux quadistes s’en aperçoit, il peut refuser le droit d’accès dans le futur. Un sentier coupé peut isoler une région, ou être remplacé par un parcours plus long et quelquefois moins intéressant.

La pollution sonore :

Le bruit est également un irritant … Il y a même eu un jugement contre les motoneiges et par extension contre les véhicules hors-route dont nous faisons partie. NON, il n’y a pas besoin d’un pot d’échappement «after market», plus bruyant, pour rouler en sentier. Les quads de randonnée roulent d’origine à des vitesses supérieures à celles autorisées. Et le sentier n’est pas une piste de drag ou d’accélération. Quand vous roulez près de maisons, abaissez votre vitesse à 30 km/h. Plus on roule vite, plus les décibels sont importants.

Les gaz d’échappement :

L’émission de gaz d’échappement est un facteur de pollution; 98 % des VHR sont à moteur à essence. Le geste à faire pour les quadistes est d’entretenir leur véhicule pour que le mélange air-essence soit idéal, pour que le minimum de gaz imbrûlés soit rejeté dans l’air. Pour commencer, on garde les catalyseurs, on ne modifie pas la gestion électronique de l’injection, ou on fait régler ses carburateurs pour éviter le rejet excessif de fumées.

Santé Canada rapporte que pour l’année civile 2015, les émissions des moteurs à essence sur route et hors route sont associées à 940 décès prématurés (cout estimé de 6,8 milliards de dollars), dont les décès liés à des causes cardiovasculaires, respiratoires et au cancer du poumon. En 2015, le cout total pour la société, associé aux émissions des moteurs à essence sur route et hors route, est estimé à 7,3 milliards de dollars.

Ne pas rouler dans l’eau :

Dans la loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune, on apprend qu’il est strictement interdit de traverser un cours d’eau ou d’y circuler à bord d’un véhicule motorisé. Par cours d’eau, on comprend une étendue d’eau, lac ou rivière, où la vie animale existe. Parce qu’on peut détruire des animaux ou des écosystèmes. Le risque d’amende est de 250 $ par roue dans l’eau. 

Ne lavez pas votre véhicule dans les cours d’eau non plus. Normalement, sur les sentiers fédérés, vous n’avez pas à traverser de cours d’eau. Si un ponceau a été créé pour passer au-dessus de l’eau, s’il vous plait, prenez-le. Ne faites pas d’écart pour passer dans la rivière…

Respecter les animaux :

Dans la loi C-61.1 sur la conservation et la mise en valeur de la faune il est écrit : « Nul ne peut pourchasser, mutiler ou tuer volontairement un animal avec un véhicule. » 

Ne poursuivez pas un animal, il peut mourir d’épuisement.

Non, chers quadistes, nous n’allons pas changer le monde à nous tous seuls. Mais nous faisons partie de l’équation, et nous pouvons fournir notre part d’efforts. Parce que les déchets sur les sentiers, c’est nous qui les avons apportés, les arbrisseaux écrasés à côté de la piste, c’est nous qui sommes passés dessus. Et dans ces cas-là, on ne peut pas pratiquer le sport international en matière d’environnement : rejetez la faute sur le dos des autres.

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