Berce du Caucase : péril végétal!

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La berce du Caucase est une plante envahissante qui a fait son apparition il y a une trentaine d’années, importée par des amateurs en horticulture à cause de l’ampleur majestueuse de son feuillage et la beauté de ses vastes fleurs en ombrelle. Or, tout comme la Renouée du Japon, qui est un véritable fléau incontrôlable, la prolifération de la berce du Caucase est favorisée par l’absence de prédateurs naturels pour contrôler sa multiplication. Elles supplantent donc les plantes indigènes qui disparaissent au profit des envahissantes.

Néanmoins, la berce du Caucase est la plante la plus dangereuse pour l’humain sur le sol québécois à cause de sa toxicité. Les quadistes sont directement concernés par les dangers que représente cette magnifique plante, car ils peuvent la rencontrer n’importe où en randonnée. Et que dire des bénévoles de club qui font des travaux de débroussaillage en bordure des sentiers!

Les brûlures de la berce du Caucase

Dans le cas de la berce du Caucase, il y a aussi une problématique de graves brûlures causées par la sève. Cette problématique est encore plus criante à partir de la mi-juillet quand la plante a grandi et est gorgée de sève. C’est le contact avec cette sève claire et liquide provenant des fruits, des feuilles ou des tiges cassées qui induit une réaction avec la lumière. Le sujet infecté ne ressentira pas immédiatement les effets, car les toxines contenues dans la sève se séparent en deux composantes chimiques en étant exposées aux rayons ultra-violets de la lumière. La peau sera donc sensibilisée à la lumière naturelle et même à la lumière artificielle et pourra voir apparaître dans un délai de 48 heures l’apparition de rougeurs puis de cloques qui peuvent, dans les cas graves, évoluer vers une brûlure au troisième degré. 

Comme la sève est incolore et inodore, la personne qui est contaminée ne se rendra pas compte sur le coup des effets indésirables, mais elle se souviendra qu’au fil de la journée ou la veille, il a fait des activités telles que la randonnée, du jardinage ou du débroussaillage. Le contact peut être encore plus pernicieux et se faire par un intermédiaire comme le toutou familial dont la sève a mouillé le pelage pour transférer ensuite la toxine à l’humain par contact direct. 

« Ce plant a une hauteur de 3,5 mètres! La hauteur peut être trompeuse, car il poussait à partir du fond du fossé »

Où se trouve la berce du Caucase?

La berce se trouve maintenant sur la majeure partie du territoire québécois. La carte de localisation des sites répertoriés d’Environnement Québec datant de 2013 n’est malheureusement plus à jour. Alors qu’on y affirmait que les sites de présence se trouvaient principalement au sud du Québec et principalement dans la région de la Capitale-Nationale, la situation s’est détériorée depuis. Des colonies ont été identifiées formellement au Bas-St-Laurent, en Gaspésie, au Saguenay, sur la Côte-Nord. 

Son terreau de prédilection se trouve dans les milieux frais et humides, comme le long des fossés, des cours d’eau, des voies ferrées… et des sentiers de quad. On les retrouve aussi dans les champs et les terrains vagues.

 « Feuillage type de la berce du Caucase »

À quoi ressemble la berce du Caucase?

La berce du Caucase est une plante majestueuse aux dimensions impressionnantes et à la floraison généreuse. Ce n’est pas pour rien que les horticulteurs s’y sont intéressés dans les années 1980 pour l’introduire dans des aménagements paysagers. Voici en gros ses caractéristiques physiques :

  • Hauteur de la plante : de 2 à 5 mètres
  • Caractéristiques des feuilles :
    • Elles peuvent atteindre 1,5 m de largeur et 3 m de longueur,
    • Elles sont divisées en 2 ou 3 folioles, profondément découpées et dentées,
    • Leur face inférieure est lisse ou légèrement écailleuse,
    • Elles peuvent porter quelques poils blancs rudes et épars.
  • Caractéristiques de la tige :
    • Elle est robuste et creuse et mesure entre 4-10 cm de diamètre,
    • Elle a de nombreuses taches variant de rouge framboise à violet, qui sont bien définies et étendues,
    • Elle porte des poils blancs rudes et épars, surtout à la base des tiges.
  • Caractéristiques des fleurs :
    • Elles sont blanches et elles poussent sur une même tige en formant des ensembles de fleurs arrondies (appelées ombelles), qui mesurent entre de 20 à 50 centimètres de diamètre.

Il faut toutefois éviter de la confondre avec la berce laineuse qui est une plante indigène qui lui ressemble beaucoup, mais qui a des dimensions moins gargantuesques. La berce laineuse ne présente pas les dangers de brûlure. Pour avoir plus de détails sur les caractéristiques des différentes variantes de berce, vous pouvez consulter l’excellente publication gouvernementale amplement illustrée ou celle plus simple de l’Université Laval aux adresses web à la fin de l’article.

http://www.environnement.gouv.qc.ca/biodiversite/nuisibles/berce-caucase/doc-info-complet.pdf

« Il n’y a pas de poils sous les feuilles et les tiges sont mouchetées »

La tentation du contrôle de la berce du Caucase

C’est bien connu, les bénévoles des clubs quads sont des gens très dévoués à la mission d’offrir des sentiers de quads sécuritaires aux quadistes. Sécuritaires voulant dire bien signalés, avec une surface de roulement adéquate et exempte d’autres sources de danger pour l’usager. L’intention pourrait être bonne, mais être plus néfaste qu’autre chose.

Dans un premier temps, les autorités gouvernementales sont engagées dans un effort d’éradication à cause des implications au niveau de la santé publique de la toxicité de la plante. La première chose utile est de signaler la présence d’une colonie de plantes à la municipalité ou la MRC qui relaiera le signalement aux autorités concernées. Fournir les coordonnées GPS est plus qu’utile pour localiser la colonie sur une carte.

Dans un deuxième temps, l’intervention physique doit se faire dans un cadre bien défini et sécuritaire. Tout d’abord, les intervenants doivent être protégés adéquatement contre les projections de sève : combinaisons jetables couvrant la tête, bottes et gants de caoutchouc ainsi qu’une visière. 

Ensuite, il faut s’assurer que les 20 000 graines contenues dans les fleurs soient contenues dans de grands sacs de plastique pour contenir leur propagation. La tonte ne sera qu’une mesure temporaire, car la plante pourra se régénérer à partir des racines et repousser. Pour l’éviter, il faut couper le système racinaire à au moins 20 centimètres sous la surface du sol. Enfin, il faut faire un suivi les années subséquentes pour s’assurer que la colonie est vraiment détruite.

Un tel plan d’intervention est un peu complexe et astreignant pour les bénévoles. Peut-être qu’un signalement complet du site de la colonie et l’utilisation du ruban jaune combiné à une affiche signalant le danger sécurisera le site en laissant le soin aux autorité compétente d’engager l’intervention d’éradication qui sera entièrement efficace. De plus, dans un effort commun d’éradication de la menace, tout quadiste peut signaler la présence d’une colonie sauvage qu’il apercevra dans le cadre de ses randonnées. Ça aussi, c’est une action citoyenne!

 « Source : uLaval. On peut voir la différence de grandeur entre la berce laineuse et la berce du Caucase »

https://www.queberce.crad.ulaval.ca/identification.html

http://www.environnement.gouv.qc.ca/biodiversite/nuisibles/berce-caucase/doc-info-complet.pdf

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